1,2 milliard de dollars. C’est ce que vient de lever Wayve, une startup britannique de conduite autonome fondée en 2017 à Londres. Valorisation : 8,6 milliards de dollars. Et le tour de table pourrait grimper à 1,5 milliard si Uber active une option de 300 millions supplémentaires, conditionnée au déploiement de robotaxis à Londres.
Un casting d’investisseurs qui en dit long
La liste des participants ressemble à un who’s who de l’industrie. Microsoft, Nvidia et Uber remettent au pot, après avoir déjà investi lors du tour précédent de 1,05 milliard en 2024, rapporte TechCrunch. Trois constructeurs automobiles rejoignent la danse : Mercedes-Benz, Nissan et Stellantis. Tous prévoient d’intégrer la technologie Wayve dans leurs véhicules.
Le tour est mené par Eclipse, Balderton et SoftBank Vision Fund 2. On retrouve aussi le fonds de pension des enseignants de l’Ontario, Baillie Gifford et la British Business Bank côté institutionnels. Nvidia, qui entretient une relation de développement avec Wayve depuis 2018, aurait évalué l’an dernier un investissement stratégique de 500 millions, selon TechCrunch. Le montant exact de sa participation n’a pas été dévoilé.
Pas de carte, pas de capteur imposé : le pari de l’IA pure
Ce qui distingue Wayve de ses concurrents tient en deux mots : pas de carte. Là où Waymo s’appuie sur des cartographies haute définition pour guider ses véhicules, Wayve utilise un réseau de neurones de bout en bout qui apprend à conduire uniquement à partir des données. Le logiciel capte les informations des capteurs présents sur le véhicule, peu importe lesquels, et prend ses décisions en temps réel.
« On a pris un parti technologique à contre-courant », explique Alex Kendall, fondateur et PDG de Wayve, dans un entretien accordé à TechCrunch. « On a été les premiers à construire un apprentissage profond de bout en bout pour la conduite autonome. » Son argument : cette approche agnostique permet de s’adapter à n’importe quel constructeur, n’importe quel véhicule, n’importe quelle route.
La plateforme Gen 3 de Wayve, dévoilée à l’automne dernier, tourne sur le kit Nvidia Drive AGX Thor. Elle promet des fonctions de niveau 4, autrement dit une conduite entièrement autonome sans intervention humaine sur certains trajets.
Uber veut des robotaxis dans plus de dix villes
Le patron d’Uber, Dara Khosrowshahi, ne cache pas ses ambitions. « Nous sommes fiers d’approfondir notre partenariat avec Wayve, avec des plans de déploiement dans plus de dix marchés à travers le monde », a-t-il déclaré. Des essais commerciaux avec des véhicules équipés du logiciel Wayve sont prévus dans le courant de l’année.
Nissan, de son côté, a confirmé que la technologie Wayve équipera ses systèmes d’aide à la conduite dès 2027. Stellantis et Mercedes n’ont pas encore précisé de calendrier.
Le modèle économique de Wayve est radicalement différent de celui de Tesla ou Waymo. La startup ne fabrique pas de voiture. Elle ne gère pas de flotte. Elle vend son logiciel d’IA aux constructeurs et aux plateformes de mobilité. « Si vous construisez un système d’autonomie spécifique à un capteur ou à une architecture, vous ne pouvez pas prendre cette option-là », résume Kendall.
Reste la question que tout le monde se pose : quand verra-t-on ces véhicules rouler sans conducteur dans les rues de Londres ? Uber et Wayve ne donnent pas de date. Mais avec 1,2 milliard en caisse et une demi-douzaine de partenaires industriels, la réponse ne devrait plus tarder.