Un tribunal fédéral de Californie vient de trancher : OpenAI n’a plus le droit d’utiliser le mot « Cameo » pour désigner une fonction de son générateur vidéo Sora 2. La plateforme de vidéos personnalisées Cameo, celle où les célébrités vous envoient des messages sur commande, a obtenu gain de cause.
Le mot de trop
Tout part d’une fonctionnalité lancée il y a quelques mois. OpenAI avait baptisé « Cameo » un outil permettant d’insérer son propre visage dans des vidéos générées par Sora 2. Le problème, c’est que Cameo (la vraie, fondée en 2017) possède la marque déposée. Et le tribunal a estimé que le risque de confusion entre les deux était réel.
Le juge a rejeté l’argument d’OpenAI selon lequel le terme serait purement descriptif. « Le mot suggère la fonctionnalité plutôt qu’il ne la décrit », précise la décision rendue samedi. OpenAI avait déjà rebaptisé la fonction « Characters » après une première ordonnance restrictive en novembre dernier.
À lire aussi
Cameo jubile, OpenAI conteste
Steven Galanis, le patron de Cameo, n’a pas caché sa satisfaction. « On a passé presque dix ans à construire cette marque. Cette décision protège nos créateurs et l’intégrité de notre plateforme. » Du côté d’OpenAI, le ton est différent. Un porte-parole a déclaré à Reuters que l’entreprise « conteste l’idée qu’on puisse revendiquer l’exclusivité sur le mot cameo » et qu’elle « compte bien défendre sa position ».
Une série noire pour la propriété intellectuelle
Ce n’est pas la première fois qu’OpenAI se retrouve devant un juge pour une histoire de nom. Plus tôt ce mois-ci, l’entreprise a abandonné la marque « IO » prévue pour ses futurs produits matériels, selon des documents judiciaires obtenus par Wired. En novembre, la société OverDrive (qui édite une application de bibliothèque numérique) avait attaqué OpenAI pour l’utilisation du nom « Sora » lui-même.
Et ce n’est que la partie émergée. OpenAI fait face à des procès pour violation de droits d’auteur aux quatre coins du monde : studios japonais dont le mythique Ghibli, médias, artistes, éditeurs allemands. La liste s’allonge chaque mois.
Quand les géants de l’IA piétinent les marques
Difficile de ne pas voir un pattern. Les entreprises d’IA grandissent si vite qu’elles lancent des produits sans vérifier si le nom est déjà pris. Ou pire, en espérant que personne n’osera les attaquer. Cameo a osé. Et ça a payé.
Reste la question de fond que soulève OpenAI : peut-on vraiment s’approprier un mot du dictionnaire anglais ? Les tribunaux trancheront, mais une chose est sûre, les startups IA feraient bien de passer un coup de fil à leurs avocats avant de baptiser leur prochaine fonctionnalité.