3 euros par mois pour un compte qu’on n’utilise plus. À partir du 12 mars 2026, Sumeria, la banque en ligne née de Lydia, facturera des frais d’inactivité à certains de ses clients. Un post viral sur X a mis le feu aux poudres, mais la réalité est plus nuancée qu’il n’y paraît.

Un mail, une polémique, et 1,3 million de vues

Tout part d’un message posté le 24 février sur X. Un utilisateur raconte avoir découvert dans ses spams un mail de Lydia, devenue Sumeria, l’avertissant que son compte allait devenir payant s’il ne faisait rien. Son témoignage dépasse le million de vues en quelques heures, rapporte BFM Tech. « J’ai dû installer l’application exprès, recréer trois mots de passe successifs, attendre leur mail… pour éviter qu’ils viennent me prendre 3 euros par mois », peste l’internaute.

La colère est compréhensible. Lydia, c’était l’appli qu’on installait pour rembourser une pizza entre potes. Pas un produit bancaire. Sauf qu’en 2024, la fintech française a pivoté vers la banque en ligne avec Sumeria, un compte courant rémunéré avec carte et virements. Et qui dit banque dit frais.

Qui va vraiment payer ?

Pas tout le monde, loin de là. Sumeria a publié un billet de blog pour calmer le jeu, relayé par Le Parisien. Les « clients historiques » de Lydia, ceux qui n’ont jamais souscrit aux services bancaires de Sumeria, ne sont pas concernés. Les détenteurs d’un simple porte-monnaie ou d’une cagnotte Lydia non plus.

Concrètement, les frais de 3 euros mensuels visent un profil précis : ceux qui ont volontairement ouvert un compte bancaire Sumeria, qui ont cessé toute opération (paiement carte ou virement) pendant deux mois, et qui laissent de l’argent dormir dessus. Sumeria précise que ces frais ne se cumulent pas avec ceux prévus par la loi Eckert sur les comptes inactifs.

Pas de migration forcée, assure Sumeria

L’un des points de crispation sur les réseaux, c’est l’idée que des comptes Lydia auraient basculé automatiquement vers Sumeria. La fintech dément. « Chaque client a dû effectuer un choix explicite : soit accepter un nouveau contrat pour utiliser les services de Sumeria, soit télécharger la nouvelle application Lydia, gratuitement », écrit l’entreprise sur son blog.

Reste que la confusion existe. Beaucoup d’anciens utilisateurs de Lydia n’ont pas forcément suivi la transformation de l’appli et découvrent le changement par un mail qu’ils n’attendaient pas. Du côté de BFM Tech, on souligne que la double exclusion (clients historiques + ceux sans transaction bancaire depuis mars 2025) a justement été conçue pour protéger les utilisateurs perdus dans la transition.

Que faire avant le 12 mars ?

Pour ceux qui se sentent concernés, Sumeria laisse deux options. Première : effectuer une seule transaction bancaire ou souscrire un abonnement payant. Ça suffit à remettre le compteur à zéro. Deuxième option : contacter le service client avant la date butoir pour refuser l’évolution tarifaire ou demander la résiliation. Aucun frais ni pénalité ne seront facturés dans ce cas, promet la fintech.

Dans un secteur bancaire où plus de 90 % des Français paient déjà des frais mensuels pour des comptes non rémunérés, selon les chiffres avancés par Sumeria elle-même, la mesure n’a rien d’extraordinaire. Mais venant d’une appli qui a construit sa réputation sur la gratuité et la simplicité du paiement entre amis, elle fait forcément grincer des dents. Le vrai sujet, au fond, c’est peut-être la difficulté pour les fintechs de monétiser leurs millions d’utilisateurs sans les faire fuir.