Quatre noms, et pas des moindres. OpenAI vient d’annoncer ce lundi la « Frontier Alliance », des accords pluriannuels avec McKinsey, Boston Consulting Group, Accenture et Capgemini. L’objectif est clair : s’implanter dans les grandes entreprises mondiales via leur plateforme d’agents IA, OpenAI Frontier.

Quand les cabinets de conseil font la vente

Frontier, c’est une plateforme no-code lancée début février. Elle permet aux entreprises de créer, déployer et gérer des agents IA capables d’agir de manière autonome, de traiter des demandes clients, d’extraire des données CRM ou de vérifier des politiques internes. Mais vendre de la transformation numérique aux grands groupes, c’est un sport à part entière.

D’où le rôle des consultants. BCG et McKinsey se chargent de la partie stratégique : restructurer les processus, convaincre les dirigeants, planifier les déploiements à grande échelle. Accenture et Capgemini, eux, mettent les mains dans le cambouis. Intégration technique, connexion avec les systèmes existants, mise en conformité avec les infrastructures de données en place. Les quatre cabinets vont créer des équipes dédiées, formées et certifiées sur les outils OpenAI.

Le PDG de BCG, Christoph Schweizer, résume l’idée dans le communiqué officiel d’OpenAI : « L’IA seule ne conduit pas à une transformation. Elle doit être liée à la stratégie, intégrée dans des processus repensés et adoptée à grande échelle pour produire des résultats durables. »

Ce que ça dit sur le marché

L’adoption de l’IA en entreprise a été, jusqu’ici, plus lente que prévu. Les grands groupes cherchent un retour sur investissement mesurable, et beaucoup n’ont pas encore trouvé comment intégrer ces outils à leurs flux de travail réels. OpenAI l’a compris, et plutôt que de vendre directement à des DSI déjà sollicités de toutes parts, la société préfère passer par les intermédiaires que ces DSI écoutent déjà.

Ce n’est pas une idée révolutionnaire. Anthropic avait fait de même, en signant des accords avec Deloitte et Accenture ces derniers mois, selon TechCrunch. Google et Microsoft utilisent depuis longtemps leurs réseaux de partenaires certifiés pour vendre leurs solutions en entreprise. Mais pour OpenAI, qui n’a pas encore ce réseau bien établi, l’alliance avec ces quatre mastodontes représente un sacré coup d’accélérateur.

La directrice financière de la société, Sarah Friar, avait annoncé en janvier qu’OpenAI ferait du marché des grandes entreprises sa priorité absolue en 2026. La société a déjà signé des contrats importants avec Snowflake et ServiceNow depuis le début de l’année, en plus de nommer Barret Zoph à la tête des ventes aux entreprises.

Un pari sur l’adoption réelle

Bref. La vraie question n’est pas de savoir si OpenAI peut se payer ces partenariats. C’est de savoir si les grandes entreprises vont vraiment franchir le cap. Beaucoup ont lancé des « pilotes IA » qui n’ont jamais dépassé le stade du diaporama. L’enjeu de la Frontier Alliance, rapporte The Decoder, c’est justement de s’assurer que ça ne s’arrête plus à la salle de réunion.

Les équipes McKinsey et BCG devront convaincre les comités de direction de changer leurs façons de travailler, pas juste de coller un chatbot sur leur intranet. Mission plus compliquée qu’il n’y paraît.