Le roi du GPU veut aussi la mine
30 milliards de dollars. C’est le chèque que Nvidia serait sur le point de signer pour entrer au capital d’OpenAI, selon Reuters et le Financial Times.
L’investissement s’inscrit dans une levée de fonds colossale, la même qui vise à dépasser les 100 milliards de dollars au total. Si le deal se boucle, OpenAI serait valorisée aux alentours de 830 milliards de dollars. Pour une boîte qui n’était encore qu’un labo de recherche il y a trois ans, le saut donne le vertige.
Nvidia est déjà le fournisseur quasi exclusif des puces GPU qui font tourner les modèles d’OpenAI. Prendre une part aussi massive dans son propre client, c’est un signal fort : Jensen Huang ne veut pas juste vendre des pelles aux chercheurs d’or, il veut aussi la mine.
Selon le Financial Times, cet investissement remplace un accord annoncé en septembre dernier, dans lequel Nvidia devait fournir jusqu’à 100 milliards de dollars en capacité de calcul pour les data centers d’OpenAI. Ce premier deal avait pris du retard, et la formule a visiblement changé. Du support technique, on passe à la prise de participation directe.
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SoftBank et Amazon aussi dans la boucle
Nvidia ne sera pas seul à la table. SoftBank et Amazon participeraient eux aussi à cette levée record, rapporte Reuters. OpenAI prévoit d’utiliser une bonne partie de ces fonds pour acheter… des puces Nvidia. La boucle est bouclée.
Le marché de l’IA ressemble de plus en plus à un écosystème fermé où les mêmes acteurs investissent les uns dans les autres. Microsoft a déjà injecté plus de 13 milliards dans OpenAI. Google a misé 2 milliards sur Anthropic. Et maintenant, c’est le roi du GPU qui entre dans la danse.
830 milliards : une valorisation qui interroge
OpenAI valorisée à 830 milliards, c’est plus que la plupart des banques mondiales. Plus que Johnson & Johnson. Plus que LVMH. Pour une entreprise dont le chiffre d’affaires reste opaque et qui brûle du cash à un rythme effréné pour entraîner ses modèles, le montant fait tiquer certains analystes.
Reste que la demande en IA générative explose, et qu’OpenAI garde une longueur d’avance côté produit avec ChatGPT. Mais à 830 milliards, la marge d’erreur est mince. Un faux pas et la correction sera brutale.
Faut-il y voir le signe d’une bulle ? Ou juste la réalité d’un marché où les géants verrouillent leurs positions avant que la musique s’arrête ?