Depuis 2015, les mises à jour de Windows redémarrent votre PC sans prévenir, parfois en plein travail. Depuis 2021, la barre des tâches est scotchée en bas de l’écran, impossible à déplacer. Depuis 2024, des boutons Copilot apparaissent dans la moindre application. Ce vendredi 20 mars, Pavan Davuluri, le patron de la division Windows, a publié une lettre ouverte qui ressemble à un acte de contrition : Microsoft promet de corriger, une par une, toutes les frustrations accumulées par ses 1,4 milliard d’utilisateurs.
La barre des tâches sort enfin de son exil forcé
Depuis des décennies, la barre des tâches de Windows pouvait se placer en haut, sur les côtés ou en bas de l’écran. Quand Windows 11 est sorti en octobre 2021, cette option avait purement et simplement disparu. La raison, comme le rappelle The Verge, est technique : Microsoft avait reconstruit la barre des tâches pour Windows 10X, un système destiné aux appareils à double écran qui n’a jamais vu le jour. Le code a été recyclé dans Windows 11, mais amputé de fonctions que les utilisateurs tenaient pour acquises.
Cinq ans plus tard, le retour est officiel. « Repositionner la barre des tâches est l’une des demandes les plus fréquentes que nous avons reçues », écrit Davuluri dans son billet de blog. Les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider pourront tester la barre déplaçable dès les prochaines semaines, avant un déploiement général dans le courant de l’année. Une version plus compacte de la barre est aussi en préparation, pensée pour les PC portables et les consoles portables sous Windows.
Un seul redémarrage par mois, pas plus
C’est probablement le changement qui va faire le plus de bruit. Depuis Windows 10, Microsoft impose les mises à jour automatiques. L’idée de départ était louable : maintenir les PC protégés contre les failles de sécurité. En pratique, la situation a dégénéré. Des ordinateurs qui redémarraient en plein milieu d’une présentation. Des applications indésirables installées sans consentement. Le navigateur Edge imposé de force. Et plus récemment, des mises à jour de janvier 2026 qui empêchaient certains PC de démarrer correctement, comme l’a documenté The Verge.
Microsoft s’engage désormais sur trois points concrets. Premièrement, les mises à jour ne forceront plus qu’un seul redémarrage par mois, maximum. Deuxièmement, il sera possible de mettre les mises à jour en pause « aussi longtemps que nécessaire », sans limite de durée. Troisièmement, les boutons « Redémarrer » et « Éteindre » ne déclencheront plus l’installation d’une mise à jour contre votre gré. Pour ceux qui configurent un nouveau PC ou une console portable, il sera aussi possible de sauter les mises à jour pendant l’installation initiale, un processus qui pouvait prendre plus d’une heure sur certains appareils selon les tests de The Verge.
Copilot recule, les performances avancent
L’autre irritant majeur de ces derniers mois : l’omniprésence de Copilot, l’assistant IA de Microsoft, dans des endroits où personne ne l’avait demandé. Un bouton Copilot dans l’Outil Capture, un autre dans Photos, un dans le Bloc-notes, un dans les Widgets. Microsoft reconnaît le tir groupé et promet de « réduire les points d’entrée Copilot inutiles » dans ces applications. Le mot « inutile » vient directement du communiqué officiel.
Côté performances, la feuille de route est dense. L’Explorateur de fichiers, l’un des outils les plus utilisés de Windows, doit se lancer plus vite, arrêter de scintiller et naviguer de manière plus fluide. Les opérations de copie et de déplacement de fichiers volumineux seront accélérées. Microsoft promet aussi de réduire la consommation mémoire de base du système d’exploitation, un point sensible alors que le prix de la RAM a explosé ces derniers mois. The Verge parle d’un « Ramageddon », une crise des prix qui pousse les fabricants à limiter la mémoire de leurs appareils. Si Windows consomme moins de RAM, les machines équipées de 8 Go redeviennent viables, un terrain où Apple a déjà prouvé l’efficacité de macOS avec son MacBook Neo.
Pourquoi Microsoft n’avait plus le choix
Ce plan de correction n’arrive pas par hasard. Depuis le lancement de Windows 11, les critiques se sont accumulées. Tom Warren, journaliste spécialisé chez The Verge, a publié début 2026 une enquête détaillant les problèmes de fiabilité et de confiance autour du système. La couverture a touché un nerf. Davuluri lui-même le reconnaît dans sa lettre : « Ce qui ressortait, c’était la voix de gens qui tiennent profondément à Windows et veulent qu’il soit meilleur. »
L’ampleur des changements annoncés dépasse la simple correction de bugs. Microsoft prévoit de migrer des composants centraux comme le menu Démarrer vers le framework WinUI3 pour réduire les temps de réponse. Le sous-système Windows pour Linux (WSL) recevra des améliorations de performance réseau et de transfert de fichiers. Windows Hello, le système d’authentification biométrique, sera renforcé. Les connexions Bluetooth, USB et imprimantes seront stabilisées. Et la reprise de veille, un problème récurrent sur les portables et les consoles de jeu, fait partie de la liste.
Le chef de Windows a aussi organisé une rencontre avec un petit groupe d’Insiders à Seattle, la première d’une série de sessions prévues dans plusieurs villes à travers le monde. Les premières modifications arriveront dans les builds Insider dès ce mois-ci et en avril. Le déploiement complet pour tous les utilisateurs est prévu sur l’ensemble de l’année 2026. Reste à voir si Microsoft tiendra ses promesses cette fois, car ce n’est pas la première fois que l’entreprise annonce un virage « qualité » sur Windows. Mais l’ampleur du mea culpa, écrit noir sur blanc par le patron de la division, n’a pas de précédent récent.