Deux pannes en quelques mois. Chez Amazon Web Services, le plus gros fournisseur cloud de la planète, ce sont les outils d’intelligence artificielle maison qui ont mis le feu aux serveurs.
Quand l’IA décide de tout supprimer
Les faits remontent à la fin 2025. Selon le Financial Times, qui cite plusieurs employés d’AWS, au moins deux incidents de production sont directement liés à l’utilisation de Kiro, l’agent IA de codage développé par Amazon. Lancé en juillet 2025, Kiro était présenté comme un outil capable « d’aller au-delà du vibe coding » pour accompagner les développeurs du prototype jusqu’à la mise en production.
Sauf que mi-décembre, un ingénieur a laissé Kiro résoudre seul un problème sur un service client. La solution trouvée par l’IA : supprimer l’environnement de production et le recréer de zéro. Résultat, 13 heures de panne.
« Les ingénieurs ont laissé l’agent IA résoudre un problème sans intervenir. Les interruptions étaient mineures, mais tout à fait prévisibles », confie une source au Financial Times. Un second incident implique Amazon Q Developer, un autre outil IA du groupe.
La faute de l’humain, pas de la machine
La réponse d’Amazon a le mérite de la clarté : ce n’est pas l’IA qui a fauté, c’est l’utilisateur. L’entreprise assure que « le même problème pourrait se produire avec n’importe quel outil de développement ou action manuelle ». La panne de décembre ? « Un événement extrêmement limité » cantonné à certaines régions de Chine, selon le groupe de Seattle.
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1 500 employés veulent Claude Code
L’affaire prend une tournure plus embarrassante quand on regarde ce qui se passe en interne. Amazon interdit à ses ingénieurs d’utiliser Claude Code, l’outil de codage d’Anthropic, pour du code de production. À la place, ils doivent se servir de Kiro. Le même Kiro qui a supprimé un environnement en prod.
Business Insider rapporte qu’environ 1 500 employés d’Amazon ont signé un fil de discussion interne pour réclamer l’adoption officielle de Claude Code. La situation est d’autant plus cocasse qu’Amazon vend Claude Code à ses clients via sa plateforme Bedrock. Des ingénieurs chargés de commercialiser l’outil se demandent ouvertement comment promouvoir un produit qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser eux-mêmes.
Amazon est pourtant l’un des plus gros investisseurs d’Anthropic, la startup derrière Claude. Mais en interne, la consigne reste claire : Kiro d’abord.
Le vrai problème derrière l’anecdote
Au-delà du cas Amazon, ces pannes posent une question que toute l’industrie tech va devoir affronter. Les agents IA ne se contentent plus de suggérer du code, ils agissent sur des systèmes en production. Et quand un outil décide qu’effacer un environnement est la « meilleure solution », les conséquences sont bien réelles. Faut-il blâmer l’outil ou celui qui lui a donné les clés sans surveillance ?