Cinq ans après avoir pris son indépendance au sein d’Alphabet, Intrinsic change de maison. La startup spécialisée dans les logiciels pour robots industriels rejoint Google, ont annoncé les deux entités ce mercredi 25 février.
De la division X au giron de Google
Intrinsic est née dans les labos de X, la division « moonshot » d’Alphabet, celle qui a aussi donné naissance à Waymo (robotaxis) et Wing (livraison par drones). En 2021, elle avait « gradué » pour devenir une filiale indépendante, sous la direction de Wendy Tan White. Rapide enchaînement d’acquisitions : Vicarious (un spécialiste de la vision robotique financé à hauteur de 250 millions de dollars, avec Jeff Bezos parmi les investisseurs) en avril 2022, puis les branches commerciales d’Open Robotics quelques mois plus tard.
Malgré cette expansion éclair, un plan social de 20 % des effectifs avait frappé l’équipe début 2023, rapporte TechCrunch. Puis est arrivé Flowstate, la plateforme phare d’Intrinsic : un environnement web qui permet de programmer des robots industriels sans être ingénieur en robotique, un peu comme Android permet de développer des applis sans connaître les entrailles de chaque téléphone.
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Foxconn, Gemini et l’usine du futur
Le timing n’est pas anodin. En octobre 2025, Intrinsic avait lancé une coentreprise avec Foxconn, le géant taïwanais de la fabrication électronique, pour construire ce qu’ils appellent « l’usine IA du futur ». L’objectif : des robots polyvalents capables de s’adapter aux changements de production en temps réel, selon le communiqué officiel publié sur le blog d’Intrinsic.
En rejoignant Google, Intrinsic conserve son identité propre mais accède aux modèles Gemini, à l’infrastructure Google Cloud et surtout à la puissance de recherche de DeepMind. « Combinée à l’IA et à l’infrastructure de Google, nous allons débloquer la promesse de l’IA physique pour un éventail bien plus large d’industriels et de développeurs », écrit Wendy Tan White dans le billet d’annonce.
Hiroshi Lockheimer, directeur produit d’Alphabet pour les « Other Bets », confirme la vision dans le communiqué : Google voit « une opportunité immense à combler le fossé entre le monde numérique et le monde physique ».
La course à l’IA physique s’accélère
Google n’est pas seul sur ce créneau. Jensen Huang, patron de Nvidia, martèle depuis des mois que l’IA physique sera la prochaine grande vague de monétisation de l’intelligence artificielle, comme le rapportait TechCrunch. Cristiano Amon, patron de Qualcomm, tenait un discours similaire en janvier dernier dans les colonnes de Fortune : « Des usines aux bureaux, l’IA physique va être massive. »
On parle de robots qui ne se contentent plus d’exécuter des séquences pré-programmées. Grâce aux grands modèles de langage et de vision, ils perçoivent leur environnement, raisonnent, s’adaptent. Un panneau solaire mal positionné sur la chaîne ? Le robot ajuste. Une batterie de véhicule électrique de 450 kilos à positionner au millimètre ? Il gère.
Reste une question que ni Google ni Alphabet n’ont voulu commenter : combien a coûté ce rapprochement ? Aucun montant financier n’a filtré. Ce qui est sûr, c’est que la robotique industrielle dopée à l’IA intéresse de plus en plus les géants de la tech. Et Google vient de poser un gros pion sur l’échiquier.