On a l’habitude de voir DeepSeek faire des vagues. Mais cette fois, l’histoire qui circule depuis ce mardi est d’un autre ordre. Selon Reuters, citant un haut responsable de l’administration Trump, la startup chinoise aurait utilisé des puces Blackwell de Nvidia, pourtant interdites à l’exportation vers la Chine, pour entraîner son prochain grand modèle d’IA. Et le modèle serait attendu la semaine prochaine.

Des puces interdites en Mongolie intérieure

Les Blackwell sont les puces les plus puissantes que Nvidia ait jamais produites. Elles figurent sur la liste noire des exportations américaines vers la Chine depuis plusieurs mois. Pourtant, d’après ce responsable américain cité par Reuters, un centre de données situé en Mongolie intérieure en serait équipé. C’est là que DeepSeek aurait fait tourner l’entraînement de son nouveau modèle.

Le responsable n’a pas voulu préciser comment DeepSeek se serait procuré ces puces. Des rumeurs sur une possible contrebande de matériel américain vers la Chine circulaient déjà depuis la fin 2024, rapporte The Decoder. Nvidia a refusé de commenter. DeepSeek et le département du Commerce américain n’ont pas répondu aux demandes de Reuters.

Effacer les traces avant la sortie

Ce qui est peut-être encore plus révélateur, c’est ce qu’aurait prévu de faire DeepSeek ensuite. Toujours selon le responsable américain, la startup compterait effacer les « empreintes digitales » techniques des puces américaines avant de publier le modèle. Nettoyer les métadonnées ou les traces qui permettraient d’identifier l’origine du matériel utilisé, en clair.

Nvidia aurait décliné tout commentaire. Ni DeepSeek ni le département du Commerce américain n’ont répondu à Reuters au moment de la publication. Reste que si l’information se confirme, les questions sur l’efficacité des contrôles à l’exportation vont se poser avec une force nouvelle.

Un nouveau séisme en préparation ?

Google, OpenAI et Anthropic n’attendent pas les bras croisés. Selon The Decoder, les trois géants se seraient tous plaints ces dernières semaines d’attaques de distillation de la part de labos chinois, une technique qui consiste à copier les capacités d’un modèle via des millions de requêtes. Et OpenAI aurait même cherché à mettre de côté l’un des benchmarks de référence en code, celui sur lequel DeepSeek devrait précisément briller.

Les marchés se souviennent de janvier 2025. Quand DeepSeek avait sorti son modèle R1 pour une fraction du prix des équivalents américains, les valeurs tech avaient plongé en quelques heures. Bref, l’onde de choc avait été mondiale.

Si le prochain modèle atteint des performances similaires ou supérieures, entraîné sur des puces que l’embargo était censé lui interdire, Washington aura du mal à expliquer où en sont ses contrôles technologiques. Pas vraiment le calendrier dont l’administration Trump avait besoin.