Tim Cook n’a pas traîné. Ce mardi 24 février, Apple a officialisé ce que beaucoup attendaient : le Mac Mini va être assemblé aux États-Unis pour la toute première fois. L’annonce est sortie directement du site officiel de la firme californienne. Lieu de production retenu : Houston, Texas, dans une usine Foxconn déjà en activité pour les serveurs IA Apple.

Texas, bientôt l’usine Mac

La production démarrera plus tard dans l’année 2026. Foxconn n’aura pas à repartir de zéro : c’est la même installation dans le nord de Houston qui fabrique déjà les serveurs IA d’Apple depuis quelques mois, « en avance sur le calendrier prévu », a précisé Tim Cook. Le patron d’Apple a choisi des mots simples pour son communiqué : « Apple est profondément engagée envers l’avenir de l’industrie manufacturière américaine, et nous sommes fiers d’étendre considérablement notre présence à Houston. »

Sabih Khan, le directeur des opérations d’Apple, a apporté des précisions au Wall Street Journal. L’objectif est de répondre à la demande locale américaine. La production en Asie ne s’arrête pas pour autant. Les deux lignes vont fonctionner en parallèle, du moins dans un premier temps.

L’ombre des tarifs Trump

Tout ça ne sort pas de nulle part. En début d’année, Apple a promis d’investir 600 milliards de dollars aux États-Unis sur quatre ans. Un engagement né directement des pressions de l’administration Trump, qui avait menacé d’appliquer des tarifs douaniers de 25% sur les produits fabriqués à l’étranger. The Verge note que la majeure partie de cet investissement n’est pas directement liée à la production locale, mais l’annonce du Mac Mini change un peu la donne.

Le Mac Mini est une cible logique pour cette relocalisation. L’usine Foxconn de Houston est déjà en activité. Et Sabih Khan juge la demande « plus fiable » que pour le Mac Pro, qui était assemblé à Austin depuis 2013. Cette ligne de production a fini par péricliter faute de volumes suffisants. L’histoire ne devrait pas se répéter avec le Mac Mini.

Un symbole plus qu’un levier commercial

Soyons honnêtes sur les chiffres. Le Mac Mini représente moins de 1% des ventes totales d’Apple, selon le cabinet Consumer Intelligence Research Partners. À titre de comparaison, Apple écoule 240 millions d’iPhone par an. Délocaliser l’iPhone aux États-Unis ? Ça reste financièrement impensable, du moins à court terme.

Mais la valeur de cette annonce est autant politique qu’industrielle. Apple peut désormais pointer Houston du doigt quand un élu américain l’interroge sur ses pratiques. Et le communiqué n’oublie pas de rappeler les autres efforts en cours : des puces fabriquées par TSMC en Arizona (plus de 100 millions prévues en 2026), une nouvelle usine GlobalWafers à Sherman au Texas, du verre de couverture Corning intégralement produit dans le Kentucky. Apple joue sur tous les tableaux.

Des milliers d’emplois sont attendus à Houston selon la firme, sans date précise encore annoncée. Un centre de formation avancée sera également ouvert sur place pour préparer des techniciens américains à l’assemblage de ces machines. Ce n’est pas une révolution industrielle. C’est un signal. Et Apple sait très bien envoyer des signaux.