Ouvrir sa porte d’entrée sans clé, juste en approchant son téléphone. C’est la promesse d’Aliro 1.0, dont la spécification vient d’être publiée ce 26 février par la Connectivity Standards Alliance (CSA).

Un standard, une seule façon d’ouvrir

Aliro, c’est un protocole ouvert qui permet à n’importe quel smartphone de déverrouiller n’importe quelle serrure connectée compatible. Peu importe que vous ayez un iPhone ou un Galaxy : la clé numérique vit dans le portefeuille de votre téléphone, exactement comme une carte bancaire dématérialisée. On approche, on tape, c’est ouvert.

Le concept existe déjà chez Apple avec Home Key. Sauf que Home Key ne fonctionne qu’avec des produits Apple. Aliro casse ce silo. Android, iOS, montres connectées, tout le monde peut jouer.

Apple, Google et Samsung dans la boucle

Les trois géants du mobile se sont engagés à intégrer Aliro dès le lancement, rapporte The Verge. Concrètement, les portefeuilles numériques d’Apple Wallet, Google Wallet et Samsung Wallet prendront en charge le standard dans les prochains mois.

« Aliro résout la fragmentation qui freinait l’adoption des clés numériques », a déclaré Tobin Richardson, président de la CSA, dans le communiqué officiel de l’alliance. Plus de 220 entreprises participent au projet, des fabricants de serrures aux fondeurs de puces.

NFC, Bluetooth, ultra-wideband : le trio gagnant

Le standard repose sur trois technologies radio. Le NFC pour le tap-to-unlock classique, comme quand on paie sans contact. Le Bluetooth Low Energy pour les connexions à plus longue portée. Et l’ultra-wideband (UWB) pour le déverrouillage mains libres : la porte s’ouvre quand vous approchez, sans même sortir le téléphone de votre poche.

Point important : tout fonctionne en local. Pas besoin de Wi-Fi, pas de cloud, pas de serveur distant. La communication entre le téléphone et la serrure utilise de la cryptographie asymétrique, selon la CSA. Ça veut dire que ça marche aussi dans un parking souterrain ou un ascenseur sans réseau.

Plus loin que la porte d’entrée

Nelson Henry, président du groupe de travail Aliro et cofondateur de Last Lock, l’a confirmé à The Verge : le standard ne vise pas que les particuliers. Bureaux, universités, hôtels, résidences, copropriétés. L’idée, c’est qu’une seule clé numérique ouvre tout.

Reste à voir combien de temps il faudra pour que les serrures compatibles arrivent réellement sur le marché. La certification Aliro est désormais ouverte, avec des laboratoires de test agréés par la CSA. Mais entre la spec et le produit en rayon, il y a souvent un long chemin.

Et maintenant ?

Aliro arrive dans un marché encore très fragmenté. Chaque fabricant a son application, son écosystème, ses contraintes. Si le standard tient ses promesses, on pourrait se retrouver avec un équivalent du sans-contact bancaire, version serrures. Les noms derrière le projet donnent confiance. La vraie question, c’est la vitesse d’adoption par les fabricants.