Un ado sur huit aux États-Unis utilise des chatbots comme ChatGPT ou Character.ai pour chercher du réconfort. Le chiffre vient d’une étude du Pew Research Center publiée mardi, et il donne le vertige.
Confier ses angoisses à un robot
L’enquête, menée auprès de 1 458 adolescents et leurs parents entre septembre et octobre 2025, dresse un portrait assez net. 64 % des ados de 13 à 17 ans utilisent déjà des chatbots. Pour chercher des infos (57 %), se faire aider dans les devoirs (54 %). Jusque-là, rien de surprenant.
Mais 16 % s’en servent pour discuter, comme ça, sans raison précise. Et 12 % vont plus loin : ils y cherchent un soutien émotionnel, des conseils. Comme on appellerait un ami à minuit. Sauf que l’ami, c’est une machine.
Les parents, souvent les derniers au courant
L’écart entre ce que les parents croient et ce qui se passe réellement est frappant. 51 % des parents pensent que leur ado utilise des chatbots. En réalité, c’est 64 %. Et quand il s’agit de confier ses émotions à une IA, 58 % des parents s’y opposent fermement. Seuls 18 % trouvent ça acceptable.
ABC News rapportait le témoignage d’Ava, 15 ans, qui discutait la nuit avec un chatbot. « C’est comme avoir quelqu’un quand je n’arrive pas à dormir », confiait-elle. Sa mère n’a découvert ces conversations nocturnes que des semaines plus tard.
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Un terrain miné
Les professionnels de santé mentale tirent la sonnette d’alarme. Nick Haber, chercheur à Stanford spécialisé dans le potentiel thérapeutique des grands modèles de langage, l’a dit clairement à TechCrunch : ces outils peuvent isoler les utilisateurs, les couper du monde réel et des relations humaines. Avec des conséquences parfois graves.
On se souvient que Character.AI avait dû désactiver l’expérience de chatbot pour les mineurs après que deux adolescents se soient suicidés à la suite de conversations prolongées avec la plateforme. Des familles ont porté plainte, CBS News et le New York Times ont largement couvert ces affaires.
OpenAI, de son côté, a retiré son modèle GPT-4o jugé trop complaisant, après que des utilisateurs s’y étaient attachés émotionnellement.
Et maintenant ?
Les ados eux-mêmes restent partagés sur l’IA. 31 % pensent qu’elle aura un impact positif dans les vingt prochaines années. 26 % voient ça d’un mauvais œil. Le reste hésite.
Faut-il interdire, encadrer, laisser faire ? Personne n’a la réponse. Mais une chose est sûre : pendant que le débat traîne, les ados, eux, ont déjà choisi leur confident. Et il tient dans leur poche.