Phil Spencer quitte Xbox. Après 12 ans à la tête de la division gaming de Microsoft et presque 40 ans dans la boîte, le patron historique tire sa révérence. Son remplacement ? Asha Sharma, qui dirigeait jusque-là les équipes produit CoreAI de Microsoft. Autrement dit, un pur profil intelligence artificielle aux manettes du jeu vidéo.

L’annonce est tombée vendredi. Spencer part, et avec lui Sarah Bond, présidente de Xbox. Deux départs simultanés qui ressemblent à un grand ménage, rapporte The Verge. Matt Booty, lui, monte en grade : il devient directeur des contenus et vice-président exécutif de Microsoft Gaming, selon TechCrunch.

Qui est Asha Sharma ?

Avant Microsoft, Sharma a été directrice des opérations chez Instacart pendant trois ans, puis quatre ans chez Meta à diriger les applications de messagerie. Pas exactement un CV de gameuse. Mais c’est son dernier poste qui intrigue : responsable produit de la branche CoreAI, le cœur du moteur IA d’entreprise de Microsoft.

Le message est limpide. Microsoft veut injecter de l’IA dans le gaming. La firme avait déjà testé un compagnon de jeu propulsé par l’IA sur Xbox, et publié un niveau de Quake II généré par IA (truffé de bugs, au passage).

« Zéro slop IA sans âme »

Dans son premier mémo interne, publié intégralement par The Verge, Sharma pose trois engagements. Le premier : des grands jeux, point. « Des personnages inoubliables, des histoires qui font ressentir quelque chose, une excellence créative. » Le deuxième : « le retour de Xbox », avec un recentrage sur la console, tout en s’étendant au PC, au mobile et au cloud.

Le troisième engagement est celui qui fait parler. Sharma promet que Microsoft « ne chassera pas l’efficacité à court terme et ne noiera pas son écosystème de slop IA sans âme ». Elle ajoute : « Les jeux sont et seront toujours de l’art, fabriqués par des humains. »

Belle promesse. Sauf que dans le même mémo, elle écrit aussi que « la monétisation et l’IA vont évoluer et influencer cet avenir ». On a du mal à voir comment les deux cohabitent sans friction.

Un virage, pas une rupture

Matt Booty, dans son propre mémo relayé par The Verge, tempère. Pas de restructuration des studios en cours. « Notre force vient des équipes qui savent s’adapter et continuer à livrer », écrit-il. Traduction : on change le capitaine, pas le navire.

Reste que le signal envoyé est fort. Nommer une spécialiste IA à la tête du gaming, c’est assumer un choix stratégique. Que Sharma le formule avec des gants ne change pas grand-chose à la direction prise.

Les joueurs Xbox attendent des jeux. Pas des discours sur « les nouveaux modèles économiques ». La vraie question : est-ce que Sharma tiendra sa promesse anti-slop, ou est-ce que c’est juste le premier slide d’un PowerPoint qu’on oubliera dans six mois ?