Sept robots bipèdes vont décharger des pièces automobiles dans l’usine Toyota de Cambridge, en Ontario. Un contrat commercial signé après un an d’essais, et un signal fort pour toute l’industrie de la robotique humanoïde.

Un an de tests, puis le contrat

Toyota Motor Manufacturing Canada (TMMC) vient de signer un accord « Robots-as-a-Service » avec Agility Robotics. Sept robots Digit, des machines bipèdes d’1m75 capables de manipuler des charges, vont intégrer la chaîne de production des RAV4 à Cambridge. Leur mission : décharger des bacs de pièces détachées depuis un chariot automatisé d’entrepôt.

« Après avoir évalué plusieurs robots, nous sommes enthousiastes à l’idée de déployer Digit pour améliorer l’expérience de nos équipes et renforcer l’efficacité opérationnelle », a déclaré Tim Hollander, président de TMMC, rapporte TechCrunch.

Le deal n’est pas tombé du ciel. TMMC a testé les Digit pendant douze mois avant de signer. Et les deux entreprises comptent explorer d’autres cas d’usage, toujours orientés vers les tâches physiques répétitives que les opérateurs humains préféreraient éviter.

Pourquoi c’est un tournant

Faire marcher un robot humanoïde dans un labo, c’est une chose. L’intégrer dans un vrai flux de production automobile, avec ses contraintes de maintenance, de recharge et de cadence, c’est une autre histoire.

« Quand les entreprises tech passent du temps sur le terrain pour comprendre les vraies tâches et les vrais workflows, c’est là qu’on verra une adoption massive », expliquait Ram Devarajulu, vice-président de Cambridge Consultants, lors du Humanoids Summit fin 2025.

Agility Robotics fait partie des rares acteurs à avoir franchi ce cap. Ses Digit travaillent déjà chez GXO, Schaeffler, Amazon et Mercado Libre. La startup, née à l’université Oregon State en 2015, dispose d’une plateforme cloud baptisée Arc pour gérer des flottes de robots. Et mise gros sur l’IA pour réduire les coûts de déploiement.

« Le coût de déploiement peut largement dépasser le prix du robot », reconnaissait Pras Velagapudi, directeur technique d’Agility, selon TechCrunch.

La course s’accélère

Toyota n’est pas seul à tenter le coup. Figure AI a testé ses robots Figure 02 dans une usine BMW pendant dix mois l’an dernier, avec 90 000 pièces déchargées au compteur. Tesla, Boston Dynamics, Unitree, 1X Technology, Apptronic : la liste des prétendants s’allonge chaque trimestre.

Agility prépare d’ailleurs une nouvelle génération de Digit, conçue pour travailler aux côtés des humains. Les modèles actuels, assez puissants pour soulever des charges lourdes, restent jugés trop imprévisibles pour opérer à proximité immédiate des opérateurs.

Sept robots dans une usine, ça peut sembler modeste face aux vidéos de robots qui font des saltos arrière. Mais c’est justement là que se joue la vraie bataille : pas dans les démos spectaculaires, dans les lignes de production où il faut être fiable, jour après jour.