Trois ans de bras de fer, et c’est Tesla qui plie. Le constructeur a accepté d’abandonner le terme « Autopilot » dans la commercialisation de ses véhicules en Californie, a annoncé le DMV (Department of Motor Vehicles) californien le 17 février. Sans cette concession, l’État menaçait de suspendre ses licences de vente et de fabrication pendant 30 jours.
Un conflit qui remonte à 2023
L’affaire démarre en novembre 2023. Le DMV accuse Tesla de publicité trompeuse : les appellations « Autopilot » et « Full Self-Driving » suggèrent que les voitures conduisent seules. Or ces systèmes d’aide à la conduite exigent une vigilance permanente du conducteur. Tesla avait déjà fait un premier geste en renommant son logiciel payant « Full Self-Driving (Supervised) ». Mais le mot Autopilot, lui, restait.
Le DMV a fini par porter l’affaire devant un juge administratif du California Office of Administrative Hearings. En décembre 2025, le juge a tranché : Tesla est bien en tort, et la sanction sera une suspension de 30 jours de ses licences.
La Californie, marché trop gros pour le perdre
Pour Tesla, la Californie représente son premier marché aux États-Unis. Perdre le droit d’y vendre des voitures, même un mois, aurait été un coup dur. Le DMV a laissé 60 jours au constructeur pour se mettre en conformité. Tesla n’a pas traîné.
En janvier, l’entreprise a purement supprimé Autopilot de son offre aux États-Unis et au Canada. Plus qu’un simple changement de nom : le système d’aide à la conduite de base a disparu du catalogue. Côté communication, le directeur du DMV Steve Gordon s’est dit « satisfait que Tesla ait pris les mesures nécessaires » pour protéger les consommateurs californiens.
FSD passe au tout-abonnement
La disparition d’Autopilot s’inscrit dans une stratégie plus large. Depuis le 14 février, FSD (Supervised) n’est plus disponible à l’achat en une fois (8 000 dollars auparavant). Seul un abonnement mensuel à 99 dollars reste proposé. Elon Musk a prévenu sur X que ce tarif grimpera à mesure que le logiciel s’améliore.
Difficile de ne pas y voir un double coup : Tesla règle son problème juridique en Californie tout en poussant ses clients vers l’option payante récurrente. L’abandon d’Autopilot sert à la fois la conformité réglementaire et le modèle économique.
Le nom change, le débat reste
Faut-il s’en réjouir ? Le terme trompeur a disparu, c’est un fait. Mais les accidents impliquant des systèmes d’aide à la conduite Tesla continuent d’alimenter la chronique. Retirer un mot d’une plaquette commerciale ne change pas grand-chose à la réalité du volant. La question de fond, celle de la sécurité réelle de ces technologies, est loin d’être réglée.