7 millions. C’est le chiffre lâché par Francesco Milleri, patron d’EssilorLuxottica, lors de la présentation des résultats du second semestre 2025. Sept millions de Ray-Ban Meta écoulées en un an. Pour remettre les choses en perspective, c’est le triple des ventes combinées de 2023 et 2024.
Un décollage que personne n’avait vu venir
On parle de lunettes connectées, un segment que la plupart des analystes considéraient encore comme une niche il y a deux ans. Les Google Glass avaient planté le décor en 2013 avant de se crasher. Snap avec ses Spectacles n’a jamais dépassé le gadget pour influenceurs. Et puis Meta est arrivé avec Ray-Ban, un nom que tout le monde connaît, et la recette a pris.
Ce qui change la donne ? L’intégration de l’intelligence artificielle directement dans les branches. Meta AI permet de poser des questions à voix haute, de traduire en temps réel, d’identifier des objets. On passe de la paire de lunettes avec caméra intégrée à un vrai assistant portable, sans écran, sans friction.
Le cap des 10 millions en ligne de mire
EssilorLuxottica avait annoncé viser 10 millions d’unités par an d’ici 2027. Vu la trajectoire, l’objectif semble tout à fait atteignable, peut-être même en avance. Milleri a toutefois tempéré l’enthousiasme : les prix devraient rester élevés à court terme. Traduction, pas de Ray-Ban Meta à 100 euros pour Noël prochain.
Et c’est là que ça devient intéressant. Meta ne gagne pas d’argent sur le matériel, ou très peu. Le vrai pari, c’est d’installer son écosystème IA sur le nez de millions de gens. Chaque paire vendue, c’est un utilisateur de plus pour Meta AI, un flux de données supplémentaire, une porte d’entrée vers des services payants à venir.
À lire aussi
La course aux lunettes IA est lancée
Apple prépare des lunettes connectées depuis des années. Google a relancé ses ambitions avec un prototype présenté en 2024. Samsung travaille avec Qualcomm sur un projet similaire. Mais pour l’instant, Meta a le terrain pour lui. Et l’avance se compte en millions d’unités.
Le hardware IA ne se limite plus aux centres de données et aux smartphones. Il se porte sur le visage. Reste une question que personne ne pose assez fort : quand des millions de caméras pilotées par l’IA se baladent dans la rue, qui surveille quoi ?